Le football italien est en état d'alerte face à d'éventuelles révélations majeures, alors qu'une enquête du parquet de Milan sur une présumée fraude sportive projette une ombre sur le jeu, selon de nombreux rapports en Italie. L'enquête, menée par le procureur Giuseppe Ascione, porte sur des allégations de sélection d'arbitres "favorisés" pour les matchs de l'Inter Milan et d'autres officiels délibérément "protégés" pour ne pas arbitrer leurs matchs. La situation a immédiatement suscité des comparaisons inquiétantes avec le scandale 'Calciopoli' de 2006 qui avait vu la Juventus reléguée.
Une notification formelle d'enquête a été adressée à Gianluca Rocchi, le chef de l'association italienne des arbitres (AIA), suspecté de fraude sportive. M. Rocchi devrait être interrogé par M. Ascione cette semaine, bien que des sources suggèrent qu'il pourrait exercer son droit de reporter son audition. Il est essentiel que le parquet de Milan ait précisé que les dirigeants de l'Inter Milan ne font actuellement pas l'objet d'une enquête, un point qui a atténué une partie de l'alarme initiale.
Le monde du football reste profondément divisé sur l'impact potentiel de l'enquête. Au sein de la communauté arbitrale et parmi de nombreux observateurs, il existe une attente de développements dramatiques aux conséquences graves, avec la conviction que le procureur n'agirait pas sans preuves substantielles. À l'inverse, un nombre important d'initiés minimisent l'affaire, la qualifiant de "bulle de savon" et exprimant leur frustration face au fait que le calendrier des notifications, pendant une campagne électorale pour la Fédération italienne de football (FIGC), semble politiquement motivé.
Le Conseil fédéral de la FIGC, réuni à Rome, a affiché un manque notable de préoccupation manifeste, selon les rapports de la session. Cependant, le contexte plus large est celui d'une grave crise pour le football italien, exacerbant un échec de qualification pour la Coupe du monde, une saison européenne désastreuse pour les clubs italiens, un déclin perçu de la qualité du championnat et une crise économique croissante au sein du sport. Le gouvernement pousserait également à la mise sous administration extraordinaire de la FIGC.
Des détails supplémentaires de l'enquête suggèrent des méthodes de communication présumées entre les officiels, notamment l'utilisation de signaux manuels pour suggérer des décisions aux arbitres VAR, décrits dans les rapports comme grotesques. L'incertitude principale réside dans la clarification de la portée des allégations d'"arbitres favorisés". Toutes les parties attendent actuellement de nouveaux développements du dossier de M. Ascione, bien que le procureur lui-même attende un transfert vers un nouveau poste de procureur délégué européen à Rome, un mouvement approuvé à l'unanimité par le Conseil supérieur de la magistrature.
Ce transfert imminent n'interrompt pas l'enquête en cours, qui pourrait être conclue par M. Ascione ou transmise à un collègue, modifiant potentiellement son approche. La situation laisse le football italien dans un flou judiciaire, obligé de résister aux jugements hâtifs tout en faisant face à de profonds problèmes systémiques. Le scandale a mis en évidence deux domaines qui nécessitent d'urgence des réformes, comme l'indique l'enquête milanaise : le secteur de l'arbitrage, dont les problèmes internes ont longtemps été sous-estimés, et le système de justice sportive, critiqué pour sa sévérité perçue sélective et sa vitesse variable.
Les prochains jours détermineront probablement si cette enquête s'éteint ou s'intensifie en une crise institutionnelle totale. La FIGC, malgré son calme actuel, est soumise à d'immenses pressions pour formuler un plan de renaissance crédible, non seulement pour faire face aux éventuels résultats du procureur, mais aussi pour éviter un effondrement plus large de l'ensemble du système du football italien.




