
Le Premier Chapitre Turbulent d'Antonio Conte à la Tête de l'Italie : Un Retour sur une Époque
Dix ans après sa nomination, le chapitre initial et souvent tumultueux du mandat d'Antonio Conte en tant que sélectionneur de l'Italie est revenu sur le devant de la scène. Conte a été officiellement nommé entraîneur de l'équipe nationale italienne en août 2014, signant un contrat innovant qui, selon les informations de l'époque, valait 4,5 millions d'euros par an. Son embauche a suivi la démission de Cesare Prandelli après l'humiliante élimination de l'Italie en phase de groupes de la Coupe du Monde 2014 au Brésil, la fédération cherchant un leader ferme pour restaurer la fierté.
L'arrivée de Conte a marqué un changement radical de ton. Il venait de mener la Juventus à trois titres consécutifs de Serie A, mais avait quitté le club abruptement en juillet, beaucoup attribuant la rupture à des tensions concernant les ambitions du marché des transferts. La Fédération Italienne de Football a réagi rapidement, le présentant comme le "commandant" nécessaire. Lors de sa présentation, Conte a été sans équivoque, déclarant : "Gagner est la seule chose qui compte... mes équipes ont toujours recherché la victoire de manière féroce".
Le nouvel entraîneur a immédiatement cherché à imposer sa vision, exigeant une collaboration sans précédent des clubs de Serie A. L'une de ses premières demandes a été que la saison nationale se termine avant le 15 mai afin de permettre un camp d'entraînement pré-tournoi plus long avant l'Euro 2016, une requête qui a finalement été ignorée par la ligue. Il a également convoqué une réunion avec tous les entraîneurs de première division, de Massimiliano Allegri à Luciano Spalletti, cherchant une approche unifiée au profit de l'équipe nationale, un dialogue qui, selon les rapports, a été tendu mais constructif.
Son style de gestion s'est étendu à des décisions audacieuses en matière de composition d'équipe. Il a initialement mis de côté le controversé attaquant Mario Balotelli, ne le rappelant que quelques mois plus tard avec un soutien tiède. Conte a également activement exploré la possibilité de sélectionner des *oriundi*—des joueurs éligibles par ascendance italienne—tels que Eder, né au Brésil et joueur de la Sampdoria, et Franco Vázquez, né en Argentine et joueur de Palerme, une politique qui a suscité des débats et même des critiques de la part de son collègue Roberto Mancini.
Sur le terrain, Conte a mis en œuvre son système 3-5-2 caractéristique, rejetant les critiques en soulignant son utilisation réussie par des clubs comme le Bayern Munich. Il a mis l'accent sur le sacrifice, l'intensité et une mentalité collective, inventant notamment la phrase "l'Italie du 'Nous'" pour contraster avec des stars individualistes comme Zlatan Ibrahimovic de Suède. "Celui qui pense avec le 'Je' peut rester à la maison", a-t-il déclaré.
L'approche a porté ses fruits. L'Italie s'est qualifiée confortablement pour l'Euro 2016 et a réalisé une performance inspirée lors du tournoi, battant notamment la Belgique et l'Espagne avant de perdre aux tirs au but contre l'Allemagne en quarts de finale. Cette campagne a reconstruit l'identité de l'équipe et a restauré l'enthousiasme du public après le désespoir de la Coupe du Monde.
Les deux années de Conte se sont terminées après ce championnat d'Europe, car il avait déjà accepté de rejoindre Chelsea. Son mandat, bien que bref, est maintenant mémorisé pour son travail de fond intense qui a recalibré la culture de l'équipe. Les spéculations actuelles le liant à un retour à la tête de la sélection nationale soulignent l'impact durable de ce premier mandat tumultueux, qui a établi un modèle pour l'éthique de haute intensité et sans concession qui est depuis devenue sa marque de fabrique.



