
Des ultras de Lyon affichent une banderole de soutien aux groupes de Saint-Étienne menacés de dissolution
Lors du match de Ligue 1 de dimanche, les ultras des Bad Gones ont déployé une banderole s'opposant à la dissolution potentielle des groupes ultras rivaux de Saint-Étienne par le gouvernement français. Cet acte de solidarité fait suite aux manifestations à Saint-Étienne et précède une audience administrative cruciale pour les groupes lundi. Ce geste est un rare moment d'unité dans l'une des rivalités les plus féroces du football français.
Les ultras de l'Olympique Lyonnais ont affiché une banderole de soutien à leurs rivaux de Saint-Étienne lors du match de Ligue 1 du Lyon contre Lorient dimanche. La banderole, dévoilée dans la tribune Nord par le groupe Bad Gones, portait l'inscription 'Non à la dissolution des groupes stéphanois' ('Non à la dissolution des groupes de Sainté'), faisant référence à la menace de dissolution qui pèse sur les groupes ultras Magic Fans et Green Angels de Saint-Étienne par le ministère de l'Intérieur français.
L'acte de solidarité s'est produit alors que les joueurs s'échauffaient au Groupama Stadium. Selon les informations de Le Progrès OL, la banderole a été affichée brièvement avant que le chant traditionnel de la tribune, 'Emmenez moi à Geoffroy-Guichard', faisant référence au stade de Saint-Étienne, ne commence. Le geste est notable compte tenu de la rivalité historique et intense entre les deux clubs de la région Rhône-Alpes, connue sous le nom de Derby du Rhône.
Cet affichage fait suite à un week-end de manifestations en soutien aux ultras de Saint-Étienne. Plusieurs milliers de supporters ont manifesté devant le Stade Geoffroy-Guichard avant le match de l'ASSE contre Dunkerque samedi, les joueurs du club ayant également manifesté leur soutien aux groupes de supporters après le coup de sifflet final. Les groupes ultras doivent comparaître devant une commission gouvernementale à Paris lundi pour contester l'ordre de dissolution.
La décision du gouvernement français de prendre des mesures contre les groupes s'inscrit dans le cadre d'une répression plus large à l'échelle nationale contre les organisations de supporters de football considérées comme présentant des risques pour l'ordre public. Le ministère de l'Intérieur a déjà dissous plusieurs groupes ultras dans le paysage footballistique français. Ce contexte fait de l'expression de solidarité inter-clubs, même si elle est éphémère, un moment important au sein de la culture des supporters du football français, souvent conflictuelle.
Pour Lyon, cette action représente une prise de position publique rare de la part des Bad Gones, l'un des principaux groupes ultras du club, sur une question extérieure à leurs propres intérêts directs. L'incident n'a pas semblé perturber le match lui-même, que Lyon a remporté 2-0. L'attention se porte désormais sur l'audience administrative à Paris, qui déterminera l'avenir des deux groupes de supporters de Saint-Étienne de longue date.



